Lancement de la « Cartographie 2017, à l’IRIS lors de la conférence « L’engagement citoyen à l’international, levier de développement durable ? »

Le coup d’envoi de la Cartographie 2017 a été donné, le 30 mars, à l’occasion d’une conférence-débat organisée avec l’Institut des Relations Internationales et Stratégiques (IRIS), sur le thème : « L’engagement citoyen à l’international, levier de développement durable ? ».

Premier ouvrage de référence en France en matière d’engagements volontaires à l’international, la Cartographie 2017 des engagements volontaires et solidaires à l’international a été réalisée dans le cadre d’un partenariat entre l’Observatoire de France Volontaires et le laboratoire Passages de l’université Bordeaux Montaigne. Coordonnée par Céline Leroux et Olivier Pissoat, avec l’implication d’une trentaine d’auteurs d’horizons divers (professionnels de la solidarité internationale, chercheurs, volontaires, etc), ce volume, explique les évolutions des dynamiques d’engagements volontaires au niveau géographique et en fonction des types de volontariat. Véritable kaléidoscope (carto)graphique, il présente des analyses sous des formes diverses : articles de fond, démarches méthodologiques, témoignages, mises en scène visuelles (graphiques, cartes, etc).

Différents sujets d’actualité sont traités, mettant un coup de projecteur sur l’implication des organisations de volontariat et des volontaires eux-mêmes, dans les grands défis mondiaux contemporains : l’aide aux migrants, ou les articulations entre aide humanitaire et aide au développement. Sont également abordés les questions d’impacts locaux des engagements volontaires et les enjeux en matière d’éducation et de formation pour les individus. Et bien sûr le thème de la soirée : la place du volontariat dans l’Agenda 2030. Plus d’informations ici.

« Un engagement pour s’ouvrir au monde (…) qui met l’humain au cœur du débat ».

Jean-Daniel Balme, Délégué général de France Volontaires, a ouvert ainsi les discussions en contextualisant à la petite centaine de participants l’engagement à l’international et le rôle de la plateforme France Volontaires dans la promotion et le développement du volontariat d’échanges et de solidarité. Sylvie Matelly, directrice adjointe de l’IRIS et modératrice du panel, fait le lien, au cours des échanges entre différents aspects évoqués par les participants et leur traitement dans la cartographie.

En écho au premier article de la nouvelle Cartographie des engagements volontaires et solidaires à l’international, les participants ont mis en perspective la place du volontariat dans la résolution des objectifs de développement durable (ODD).

« Le volontariat est « un moyen puissant et transversal de la mise en œuvre des objectifs de développement durable » : telle est l’entame du premier article « Tous volontaires ? Des objectifs du millénaire pour le développement aux objectifs de développement durable », de Coline Peyre, chargée de mission plaidoyer chez France Volontaires. Y est mis en lumière le processus d’adoption de ces ODD, ainsi que leur caractère universel, s’appliquant à tous. Dans ce cadre onusien, et pour la première fois, les volontaires sont reconnus au niveau international, comme occupant une place et un rôle actifs et indispensables.

En direct de Dakar via Skype, Karim Doumbia, représentant de France Volontaires pour l’Afrique de l’Ouest, a illustré l’apport de diverses missions de volontariat à la réalisation des ODD, que ce soit dans le champ de l’éducation (accompagnement pédagogique, construction de structures), de l’agriculture (structuration de filières d’éleveurs) ou de la santé (prévention).

Accueil et réciprocité : redéfinition des mobilités solidaires

Se félicitant de l’apport de ces volontaires, français et internationaux, Karim Doumbia a constaté que l’universalité des ODD implique une redéfinition des mobilités et de facto l’évolution des flux de volontariat, d’une tendance Nord-Sud à des flux Sud-Sud et Sud-Nord en développement. Pour exemple, le Mali et le Niger, les deux premiers pays à avoir initié cette démarche de de réciprocité au sein de France Volontaires.

Makhete Diop, volontaire sénégalais en mission à Lille, s’est fait le porte-voix des volontaires internationaux accueillis en France. Sa mission ? Intervenir en appui à l’animation de nouvelles activités périscolaires dans une école. La découverte d’un nouveau pays, le fait d’être confronté à l’interculturalité, le froid et la solitude, l’ont rendu « plus autonome » a-t-il estimé. Lui qui, même s’il s’est attaché à la France, a reconnu que sa « place est au Sénégal ». Son objectif au retour ? « Transmettre mes nouvelles expériences à d’autres ».

Un consensus s’est établit parmi les participants autour de la notion de réciprocité. « Nous souhaitons développer des volontariats de réciprocité avec France Volontaires. C’est une démarche d’avenir », déclare Michel Tarran au nom du ministère des Affaires étrangère et du Développement international. La réciprocité « guide la nature et les programmes que l’on propose », selon Geneviève Defraigne Tardieu, représentante d’ATD Quart Monde.

« Placer les populations locales au cœur des solutions »

Ce sont les mots de la déléguée générale d’ATD Quart Monde, Isabelle Pyraet Perrin, dans l’introduction de la cartographie. C’est dans cet esprit que Geneviève Defraigne Tardieu a alors déroulé l’apport du volontariat à la mise en œuvre du 1er objectif de développement durable « L’éradication de la pauvreté sous toutes ses formes ». En l’illustrant par des exemples de missions de volontaires dans un quartier pauvre de Dakar, qui partagent le quotidien d’habitants touchés régulièrement par les inondations et qui, ensemble, ont lancé des chantiers de construction de canaux de drainage. Des chantiers qui ont permis d’obtenir un désenclavement des plus démunis et un engagement de toute la communauté. Et couronnés de succès puisque repris ensuite par les pouvoirs publics. « Le volontariat permet de vivre une autre réalité, d’apporter la fraternité et la solidarité là où se trouve la détresse ».

L’importance de la qualité des missions et de leur contribution à l’intérêt général a été mis en avant. Il faut « partir sur un projet qui a du sens (...) pour comprendre le sens de ce qu’on fait et son impact », selon Marine Louvigny, déléguée générale de Clowns sans frontières et ancienne volontaire d’Eurosha. Projet pilote initié dans le cadre du programme européen EU Aid Volunteers, Eurosha avait été lancé à l’initiative de la Commission européenne afin de promouvoir le partage des informations nécessaires en situations de crises.

Marine Louvigny a insisté sur les effets positifs produits par Eurosha, notamment le renforcement des capacités locales, le « « faire avec » et non le « faire à la place de » ». Après une formation aux techniques de cartographie participative via le logiciel libre Open Street Map, vingt-quatre volontaires, la moitié d’origine européenne, l’autre originaire des pays concernés par le projet, avaient été déployés dans des zones à fort risque de crise humanitaire, pour récolter et partager des données, en collaboration avec les populations locales. Marine Louvigny conclut sur l’importance d’un suivi de qualité des volontaires, avant le départ et au retour : « J’encourage chacun à partir dans le cadre de vrais dispositifs, en raison de l’accompagnement avant, pendant et après la mission ».

Ont également été interrogés les dispositifs de volontariat existants, la nécessaire qualité des missions ainsi que les dynamiques partenariales. « Il est souhaitable que les différents dispositifs déployés travaillent de concert et de manière décloisonnée », souligne justement Michel Tarran, du ministère des Affaires étrangères et du Développement international. Il met en avant la place de l’engagement citoyen dans la politique extérieure de la France, en réponse aux enjeux des ODD. « Reconnaissance, dialogue et soutien financier. Voilà les trois volontés de la France pour le volontariat », a-t-il expliqué, estimant à 20 000 le nombre de Français engagés dans des actions de bénévolat et de volontariat à travers le monde. Selon lui, le rôle de la société civile dans le développement durable bénéficie d’une reconnaissance croissante depuis la COP21 et depuis la conception de l’Agenda 2030, qui le consacre dans l’ODD 17 « Partenariats pour la réalisation des objectifs ».

Enfin, l’importance de la mesure – quantitative et qualitative - de l’impact du volontariat, une question traitée dans la cartographie, a été évoquée lors d’interactions avec la salle, dans un souci de mieux démontrer les apports concrets du volontariat, au-delà de l’intime conviction de ses acteurs. Une conviction exprimée notamment par ATD Quart Monde : « Dans un monde marqué par le repli sur soi, le volontaire apporte des valeurs d’ouverture, de partage et de fraternité ».

La Cartographie des engagements volontaires et solidaires à l’international est en accès libre sur le site de l’Observatoire de France Volontaires. Les articles sont publiés par séquences thématiques, chaque mois depuis le 30 mars.

Vous pouvez d’ores et déjà télécharger :

Suivez aussi la Cartographie avec le #Cartographie2017 !