Comment les congés solidaires s’intègrent-ils dans les pratiques de mobilisation des salariés des entreprises ?

Une étude menée par Be-Linked pour France Volontaires

La relation entre les grands groupes et les associations, si tant est qu’elle n’était pas de nature conflictuelle, s’est pendant de nombreuses années caractérisée par un échange unilatéral où l’entreprise limitait son engagement à une simple donation. L’unique objectif consistait alors pour l’entreprise à gérer son image et sa réputation et pour l’association à lever des fonds sans avoir à rendre de comptes auprès de son mécène. Depuis une quinzaine d’années, ce modèle a été profondément bouleversé. C’est à l’aune de la collaboration et du partenariat qu’entreprises et associations cherchent depuis à reconstruire le concept de mécénat. C’est dans ce contexte qu’un nombre croissant d’entreprises mettent en place des initiatives de mobilisation de leurs collaborateurs à destination du secteur associatif. D’après une étude récente, huit fondations d’entreprises sur dix choisissent aujourd’hui d’impliquer leurs collaborateurs dans leurs actions de mécénat et 80% des salariés de grands groupes sont prêts à s’engager dans des initiatives de bénévolat proposées par leur employeur. 

L’émergence de ce que nous appellerons la mobilisation solidaire des collaborateurs, trouve son origine d’une part dans l’évolution du bénévolat et des valeurs qui l’accompagnent et d’autre part dans l’avènement de la Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE) au sein des grandes structures privées.
Les formes de bénévolat, tout d’abord, ont profondément évolué au cours de ces dernières décennies. Si dans les années 1960, le bénévolat s’apparentait à une démarche politique et militante, s’inscrivant dans le cadre de l’action collective, son paysage s’est aujourd’hui, largement diversifié. En effet, l’engagement bénévole est, de nos jours, motivé par le désir de donner du sens à son action, de se rendre utile et se caractérise par une quête d’épanouissement personnel qui révèle une approche plus individualiste de la démarche.

Parallèlement, la dernière décennie a vu l’émergence du développement durable et de la RSE qui ont amené le secteur privé à réfléchir sur son rôle au sein de la société.
Cette situation a conduit de plus en plus d’entreprises à s’interroger sur la façon de canaliser cette forme de mobilisation solidaire des salariés et a favorisé la prise de conscience du rôle que celles-ci pouvaient avoir aussi bien pour le salarié que pour l’entreprise.

Les dispositifs de mobilisation des salariés sont alors progressivement apparus comme des leviers agissant favorablement sur certains enjeux des entreprises comme la politique de Ressources Humaines (renforcer le sentiment d’appartenance du salarié, stimuler le développement de ses compétences ou attirer de nouveaux profils), l’innovation, la réputation ou l’ancrage territorial par exemple.
Ces problématiques sont d’autant plus complexes qu’elles supposent ici l’intégration du secteur associatif à la stratégie de l’entreprise. Or, dans un contexte de crise et de restriction budgétaire le sujet de la diversification des ressources se pose pour de nombreuses ONG et associations et les financements privés apparaissent alors comme une nécessité. En effet, les associations sont aujourd’hui financées à parts égales par le secteur public (49%) et les acteurs privés (51). Plus particulièrement, le secteur associatif se finance à hauteur de 46% sous forme de cotisations ou de ventes de ses services à des usagers alors que les dons et le mécénat ne représentent que 5% de leur budget global. Ceci témoigne bien du fait que les associations se tournent vers de nouveaux modes de financements en mettant leur savoir-faire à disposition des usagers privés et des entreprises. L’élaboration d’une offre adaptée des associations à destination de ces acteurs privés implique néanmoins de comprendre leurs attentes, leurs besoins, mais aussi les enjeux auxquels ils font face.

Quelles sont donc les différentes formes de mobilisations solidaires des salariés et comment s’articulent-elles dans les entreprises ? Quelles sont les motivations du salarié et quel intérêt a-t-il à s’engager pour une cause solidaire à travers son entreprise ? Quels sont les bénéfices d’un tel engagement pour l’entreprise ? Autrement dit qu’attend-t-elle de sa collaboration avec le secteur associatif de solidarité quant à la mobilisation de ses salariés ? Enfin, quels sont donc les leviers favorisant la mise en place de tels projets pour l’entreprise ?
Cette étude propose de répondre à ces interrogations en portant une attention particulière aux congés de solidarité que France Volontaires entend développer auprès des entreprises."

Télécharger l’étude ici.